Ranger|Déranger

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Ranger|Déranger

Crédit photo : Bruno Bouchard

Originaire de Québec, Margot C. Bouchard fait ses études à l’école primaire St-Fidèle, elle complètera en 2019 sa maternelle. Fille d’artistes, elle crée des petits chaos, collectionne les roches et les bouts de papier coloré, aime faire semblant de tomber et marcher les yeux fermés. Depuis 2013, elle arpente l’espace de la famille et de la maison comme moteur de création continuel. Elle plonge ses mains dans la farine, se roule dans le sable de Rivière-Ouelle, et elle transforme les choses en histoires sur son chemin.

Depuis 2008 Jacynthe Carrier compose des scènes performatives où elle assemble le corps et le territoire. De ces scènes, elle créer des images fixes et mouvements qui réfléchissent aux différentes façons dont l’humain habite le territoire, à la fois collectivement, physiquement et symboliquement. Son travail a été exposé dans plusieurs galeries et musées au Québec, au Canada et à l’international. Elle est artiste, elle est la mère d’Elena et de Margot et elle codirige un centre d’artistes. Faire de l’art est pour elle une façon de partager, de résister et d’exister collectivement.

JEU

Initié par le souhait de travailler autour de et avec l’enfance, le projet JEU veut essentiellement en observer le geste et sa couleur. En espérant lui révéler une place, une puissance et une légitimité, les images créées observent et soulignent ce geste simplement, dans un territoire de liberté et d’excès, méditant ainsi sur les interdits et les « façons de faire ». Un espace inventé et souverain, tel les récits créés par les plus petits, dans leurs espaces de jeu.

J’ai donc invité quinze enfants, entre quatre et douze ans sur le site d’une carrière de béton. Différents objets, matériaux et consignes ont été placés. Dans cet espace doucement
déterminé nous les avons laissé jouer. Un jeu emmêlé de plaisir, de délire, de brutalité et de minutie. Dans le silence du lieu, on entendit des fous rires, bruits d’éclats, et cris d’émoi. Dans l’interstice d’une heure, ils ont réanimé le territoire, dessiné un monde de gestes inutiles, de taches et de poussières qui tenaient sur un fil. De cette manoeuvre des images sont nées, certaines fixées dans le papier et d’autres fuyantes dans le temps. J’ai visité ces images avec Margot, nous avons eu l’envie de poursuivre le mouvement qui s’y trouvait. Une rencontre s’est créée, entre nos interdits et nos libertés, quelque part dans la couleur.

Un texte de Jacynthe Carrier